• De l’autre côté du miroir – 2025
Dimensions H 115 x L 100 X P 100 cm

Plaque d’aluminium, feuilles d’aluminium découpées, tige-filtée, boulon, morceaux de miroirs cassés, pierres, graine de tournesol, bloc de béton, miroir, pieds et poignée en aluminium, merlette naturalisée.

 

La sculpture-installation « De l’autre côté du miroir » prend naissance dans une expérience personnelle et intime : la découverte, par ma fille, d’un oiseau sans vie dans le jardin. J’ai choisi de faire naturaliser cet oiseau afin de lui offrir symboliquement un nouveau lieu d’existence après la mort, prolongeant sa présence dans un espace de projection poétique et sensible.

Le titre de l’œuvre fait référence au roman Alice aux pays des merveilles, de l’autre côté du miroir de Lewis Carroll. L’installation se déploie en deux espaces distincts, inscrits dans une même composition circulaire. Le premier, matérialisé par une petite table de nuit surmontée d’un miroir, correspond au temps du présent : l’oiseau s’y reflète, suspendu dans un entre-deux, face à sa propre image. Le second espace, disposé dans la continuité du cercle au sol, figure le passage « de l’autre côté », après la traversée du miroir.
Dans cet espace de bascule, l’oiseau découvre une nature recomposée, luxuriante, féérique et argentée. Des fragments de miroir brisés, dispersés au sol, matérialisent la traversée et la rupture du plan de réalité. Un jeu de correspondances s’installe entre la surface réfléchissante du miroir et le grand cercle dessiné au sol, comme deux seuils symboliques : l’un frontal, l’autre enveloppant, tous deux marquant le passage d’un état à un autre.

Le sol de l’installation est recouvert de graines de tournesol, déposées comme une ultime offrande. Trouvée à la fin de l’automne, cette merlette est symboliquement accompagnée dans la traversée de l’hiver. Ce geste, à la fois rituel et poétique, inscrit l’œuvre dans une réflexion sur la disparition, la mémoire et la manière dont l’humain tente de prendre soin de ce qui s’éteint.
De l’autre côté du miroir propose ainsi une traversée sensible entre présence et absence, réel et imaginaire, vie et disparition. L’installation devient un espace de deuil apaisé, de projection et de réparation symbolique, où l’intime rejoint une expérience universelle du passage.

Vue de l’exposition au centre d’art de la Ferté-sous-Jouarre qui a eu lieu du 20 novembre 2025 au 18 janvier 2026