« Notre destination n’est jamais un lieu mais plutôt une nouvelle manière de regarder les choses. » Henry Miller
Ma démarche artistique s’ancre dans un geste de collecte et de cueillette d’objets et d’images issus du quotidien. Ces fragments, souvent délaissés, banals ou mis au rebut, sont prélevés dans le réel pour être transposés, déplacés et mis en scène. Ce qui est habituellement invisible ou insignifiant devient alors lisible à travers une nouvelle focale plastique.
Ma recherche consiste à extraire ces éléments ordinaires de leur contexte d’origine afin de leur offrir de nouvelles possibilités d’existence. À travers différents processus de création je transforme ces objets en supports de projections sensibles, interrogeant la relation que nous entretenons avec ces traces matérielles de nos vies.
Ma pratique oscille entre scultpture et collage, et s’attache plus particulièrement à la dimension mémorielle des choses. Les objets deviennent des vecteurs de réminiscence : ils portent en eux des usages, des gestes, des absences. À travers leurs affects, j’interroge les modes de transmission, la persistance des souvenirs et les stratégies mises en œuvre pour lutter contre l’oubli.
L’acte d’assemblage s’apparente pour moi à un geste de reconstruction. Il s’agit, d’une certaine manière, de reconstituer une part de moi-même à partir de fragments hétérogènes, oubliés, perdus ou abandonnés. Ce travail de recomposition tente autant de combler le manque et l’absence que de réparer symboliquement certaines blessures anciennes. En redonnant forme à ces fragments, je cherche à créer des espaces de résonance où l’intime peut rejoindre une expérience plus universelle du souvenir et de la perte.
Ci-contre : Chercheur d’or (vidéo 46s), 2016. Cette vidéo résume en partie la philosophie de ma démarche artistique tout en faisant référence à la citation de Charles Baudelaire « J’ai pétri de la boue et j’en ai fait de l’or».
Ci-dessous : Vue d’atelier 2026.